• Article N° 37 Les barbelés...

      

                                                                           Blog de plumette :De son sang à mon encre, Article N° 37 Les barbelés...

    23 juin 2009 23h43 ( suite)

    Mon enfant,
    Depuis hier soir, ils t'ont attaché les mains et les pieds parce que tu n'as plus qu'une envie, c'est de partir de là.

    Ces heures d'attente où l'on m'interdit de te voir et de te parler sont infernales.

    Il est tard et, depuis ce matin, je leur téléphone toutes les 3 heures environ puisque c'est le seul contact que je peux avoir .

    Te disent-ils que je m'inquiète et que je leur demande de toi ?

    Te font ils passer mes mots d'amour dans lesquels, je le sais, tu comprendras mes messages codés ?

    Combien de souffrance et de peur dois-tu avoir depuis ces longues heures où l'on te laisse seule et attachée.

    Nous sommes là, mon amour !

    Tout nos amis, toute notre famille, nous sommes tous là pour te soutenir et trouver une solution à ce désastre que nous redoutions et que nous vivons en direct.

    Ces maisons-là font peur quand on les voit dans les films, dans les témoignages, dans les récits, mais vivre cela en vrai prend une dimension terrifiante.

    Le cri des sentiments ne peut être absurde. 

    Chacun est-il maître de son destin, ou sommes-nous les jouets de la fatalité ? 

    Comment savoir, quand tant de monde veut vivre au sommet des montagnes, alors que le vrai bonheur est dans l'escalade.

    Notre ascension, ressemble à un périple où les sommets semblent inatteignables, mais je veux croire qu'il y a toujours un lendemain où la vie nous donnera une autre opportunité .

    Alors,  sois courageuse, demain, qu'ils me le permettent ou pas, je viendrai et s'ils ne te libèrent pas, Papa et moi nous te ramènerons à la maison.

    Personne n'a le droit de te faire cela, même pas au nom de la vie.

    On ne t'a pas sauvé pour que tu sois attachée comme un animal , alors que tu les supplies de te laisser m'appeler pour que je t'aide.

    Un infirmier me raconte tout depuis ce matin.

    Ses mots sont durs mais ils ont l'avantage d'être vrais, sans fioriture, avec toute l'effroyable réalité que tu vis dans leurs murs.

    Il me demande de prendre soin de moi, que toi, de toute façon, tu n'as pas d'autre choix que de te calmer.

    Il m'a dit que tu avais voulu que l'on te laisse la fenêtre ouverte afin de voir le jour, tard dans la soirée.

    Je sais que tu as peur dans le noir et que cela va être terrible pour toi. POURQUOI ?

    Mais, POURQUOI CELA NOUS ARRIVE A NOUS ? 

    Nous, qui avons toujours pris soin et le temps de sourire, de respecter, d'étreindre , d'aider, d'écouter et d'aimer les gens qui gravitent dans nos vies.

    Il est tard, mais le temps ne passe pas et je pense à toi. Ta sœur à cette heure-ci (23h49) est dans sa chambre et de temps en temps, vient me faire un p'tit bisou et me demande si cela va.
    << oui et toi ma puce ? >>

    Sur ce coup là, on fait toutes les deux semblant...
    Comment pourrions-nous être bien, alors que toi tu es si mal.

    Comment allons nous sortir de tout ce drame?

    Après ça, nous ne serons jamais les mêmes tout le restant de notre vie.

    Cela nous changera à jamais.

    Mais je te promets, ma fille, je ferai tout pour que tu oublies ces terribles heures, jours et mois que tu vis.

    Comme un baume qui soulage, l'oubli a bien des avantages.

    Nous tournerons la page, nous avancerons et nous nous ferons une nouvelle histoire.

    Nous cheminerons vers notre destin. Oh, ma douce enfant, je t'en supplie TIENS LE COUP !!!

    On ne t'abandonne pas, nous allons enlever les barbelés de ta tête…

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