• Article N° 52 Ce n'était qu'une pause

      

                                                                 Blog de plumette :De son sang à mon encre, Article N° 52 Ce n'était qu'une pause

     

    15 aout 2009 17h49

    Tun'arrives pas à te défaire de ton addiction et tu as besoin de te scarifier...

    Tu penses que jamais tu ne pourras arrêter...

    Tu penses qu'il vaut mieux que tu nous laisses, pour que nous vivions mieux ta soeur et moi...

    Tu as envie d'en finir...
    Tu tiens à un fil à cette vie dont tu ne veux plus. 

    Il te retient à elle comme il le peut.

    Je ne veux pas te dissuader de la réalité de ta souffrance.

    Je ne te parlerai, que comme quelqu'un qui sait ce que ta souffrance veut dire. 

    Je sais que tu ne penses qu'à mettre fin à ta vie.

    Je choisis d'être avec toi dans tous ces moments.

    Je voudrais m'asseoir auprès de toi et parler, face à face et à cœur ouvert. 

    Mais tu me supplies de te laisser faire.

    J'ai une petite idée de ce que tu peux ressentir. 

    Je comprends que tu n'es pas capable de faire mieux, car sinon tu nous épargnerais cela.

    Pendant que j'écris ici, nous savons tous que tu es mal.

    Tu ne veux pas de présence auprès de toi, car tu ne veux pas que l'on te surveille et que l'on te voit ainsi.

    Alors, la peur au ventre, je te parle par l'intermédiaire de ce clavier et j'écoute le moindre bruit qui viendrait de ta chambre.

    J'ai si peur de ce que tu peux faire.

    Ils ont détruit celle que tu étais et jamais je ne t'ai vu ainsi perdue.

    Tu dois tellement souffrir, mon enfant.

    J'aimerais te demander de rester avec nous, pour toute la vie et, de façon détournée, je l'ai tellement fait.

    Tu sais, on ressent souvent de drôle de choses quand ça ne va pas.

    Surtout dans l'obscurité la plus profonde du désespoir. 

    Être dans le doute, c'est normal.

    Le fait que tu es encore vivante à cette minute signifie que tu es encore un peu incertaine, malgré toutes tes tentatives.

    Cela veut dire que pendant que tu veux mourir, au même moment, une partie de toi-même veut continuer à vivre.

    Le suicide n'est pas un choix, on y est conduit quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d'y faire face.

    Si je pouvais te faire comprendre que tu n'es pas une personne haïssable, folle, faible ou incapable, parce que tu te sens suicidaire.

    Qu'avoir des idées noires ne veut même pas dire que tu veux vraiment mourir. 

    Cela veut juste dire que tu as plus de douleur que de ressources pour la prendre en charge maintenant.

    Si j'empilais des poids sur tes épaules, et si j'y ajoutais suffisamment de poids, tu t'écroulerais au bout d'un moment, quelle que soit ta volonté de rester debout.

    C'est pourquoi il est si inutile que les gens te disent : "Debout ! Garde le moral !" 

    Tu le ferais, évidemment, si tu le pouvais.

    Ta douleur est insupportable et nous la porterons avec toi, afin de te soulager. 

    Quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d'y faire face, le résultat entraine des pensées suicidaires, des idées noires.

    Ce n'est pas un défaut de caractère.

    Et je n'autoriserais personne à juger cela.

    C'est simplement un déséquilibre de la douleur par rapport aux ressources qui permettent de les affronter.

    La première chose que tu as besoin d'entendre, c'est de savoir qu'on s'en sort.

    Des personnes qui souffraient autant que toi en ce moment s'en sont sorties.

    Donne toi du recul. Souviens-toi que sensations et actions sont deux choses différentes.

    Mets du recul entre tes sensations suicidaires et tes passages à l'acte.

    Même si tu penses y trouver un soulagement à ta douleur.

    Le soulagement est une sensation.

    Et tu dois être vivante pour la ressentir.

    Tu ne sentiras pas le soulagement que tu cherches si désespérément, si tu es morte.
    Et si parfois nous réagissons mal à tes sentiments suicidaires, c'est parce que nous sommes effrayés ou en colère.

    Mais nous sommes aussi avec toi pendant ces moments si difficiles.
    Nous ne te jugeons pas. Mais par pitié, continue à demander de l'aide.
    Nous, nous continuerons à faire 400 km par jour, s'il le faut, comme nous le faisons ces derniers temps, accompagnés par la tristesse, la peur, l'incompréhension, le désarroi et tant d'autres sentiments.

    Nous avons eu une trêve et je benis ces instants où nous avons soufflé un peu...

    Je sais que le combat est encore très long...

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