• Article N° 53 Enfin nous allons porter plainte

      

                                                                               Blog de plumette :De son sang à mon encre, Article N° 53 Enfin nous allons porter plainte

     

    25 aout 2009

    Enfin tu es prête pour aller porter plainte !
    Tu acceptes enfin de raconter, en détails, ce qui s’est passé.

    Dire le plus difficile, la prise de pouvoir de l’autre, la domination, la soumission, l'injustice, l’horreur de l'acte. 

    La douleur physique, mais aussi et surtout la douleur au cerveau.

    Tu n'étais qu'une petite fille, qui vivait dans une bonne famille.

    Des années de déni, de souffrance, de culpabilité, ont suivies et pourrie ta vie.

    Nos vies.

    Des conséquences que nous porterons la vie entière, car ce que tu as subit, est un crime et porte très gravement atteinte à ta dignité.

    Les répercussions sont considérables et d'ordre psychologiques, morales et sociales.

    Nous allons déclencher une procédure judiciaire, ce qui représente un acte positif qui peut t'aider à te reconstruire.

    Même si tu n'as pas porté plainte au moment des faits.

    Même si cette démarche est dure, elle te soulagera.

    Ils te l'ont certifié à la brigade des mineurs.

    Nous allons tous t'aider dans cette démarche, pour te la rendre plus facile.

    La police a recueilli ton récit.

    L'inspecteur t'a posé des questions précises, voire même indiscrètes pour aider les besoins d'enquête mais aussi débusquer les faux témoignages des vrais, surtout dans les cas où les faits ne sont pas récents.

    Tu as donné tous les détails de ce que tu as subi, même les plus intimes.

    Tu as hésité à décrire  le piège dans lequel l'agresseur t'a conduit, ses menaces, la peur que tu avais ressentie, toutes les circonstances qui l'ont accompagné, le visage de l'agresseur, ses paroles, ses gestes, et tout autre élément qui peuvent l'accuser.

    Sans oublier les éventuels témoins de ton mal être.

    Cet événement de vie laissant trace, est un traumatisme, à l'exemple d'une atteinte corporelle ne parvenant pas à cicatriser.

    C'est un processus qui détruit l'équilibre, la configuration psychique préexistante, sans parvenir à donner lieu à un nouvel agencement, comme un agent de destruction de la psyché.

    On peut dire qu'il la modifie infailliblement.

    Cet événement de nature insensé t'a plongé dans un doute permanent, qui t'a figé à un moment donné de ta vie et qui a réduit considérablement le champ de tes intérêts ainsi que tes capacités créatrices et intellectuelles.

    Tu t’es détestée et même trouvée laide.

    Toi si jolie, si performante dans tes études, exigeante sur tous les registres avec toi-même, mais tellement souvent tu t'es trouvée nulle, mauvaise, alors que tout prouve le contraire.

    Il y a des situations du quotidien qui sont marqués par cet acte, des choses insupportables, qui restent, à vie, que tu ne fais pas comme les autres.

    Toujours à la recherche d’une reconnaissance, tu as voulu prouver tu valais quelque chose, alors que nous, nous en sommes tous convaincus. 

    Tu t'es battue, tellement battue toute ta vie et encore maintenant par pitié, continue à le faire. 

    Ton traumatisme est advenu car il s'est passé quelque chose de terrifiant et d’inconcevable, qui a menacé ta vie te plongeant simultanément dans l’incapacité de comprendre pourquoi et comment.

    Tu as dit cette phrase terrible " Ma vie s'est arrêtée là, je n'ai pas survécu"

    Tu t'es trouvée totalement démunie, incapable de rendre compte de ce qui t'arrivait.

    Comme si tu étais dépossédée de tes capacités intellectuelles, comme si le monde humain, fait de paroles et d’échanges, avait d'un seul coup été englouti.

    Six ans après le traumatisme, toute sa vie durant, traumatisée, tu as conservé cette conviction intime qu’une partie de toi, ou même la totalité de ton être, a été capturée dans un univers hors d’atteinte du monde normal, de ses semblables.

    Comme si le monde s’était vidé, comme s’il n’existait plus personne capable de t'aider, de te comprendre ou encore de t'expliquer ce qui t'est arrivée.

    Tu souffres d’obsessions, de pensées figées, toujours aussi douloureuses et inconsolables.

    Nous sommes là ma fille, nous comprenons tous combien cela peut être difficile  d'être interrogée, mais ne te décourage pas. Nous te soutiendrons émotionnellement.

    Nous t'écouterons, et tu auras une aide tangible.

    Nous repousserons tes réactions négatives qui ont un effet déplorable.

    Nous t'apprendrons a gérer ta détresse.

    Ainsi que toutes tes actions inadéquates, qui t'ont retirée socialement de la vie.

    Tu retrouveras l'estime de toi.

    Témoigner fait partie de ta thérapie, de ta reconstruction.
    Cesse de te faire du mal.
    Tu as assez payé, tu n'avais pas à le faire.
    Tu n'étais qu'une enfant innocente.

    Une petite victime...

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