• Article N° 65 A l'annonce d'une nouvelle, que l'esprit ne peut ni accueillir, ni fuir

      

                                                                     Blog de plumette :De son sang à mon encre, Article N° 65 A l'annonce d'une nouvelle, que l'esprit ne peut ni accueillir, ni fuir

     

    11/02/2010 à 15h47

    Ce que l'on ressent, à l'annonce d'une nouvelle, que l'esprit ne peut ni accueillir, ni fuir...
    Il faut savoir, que l'annonce d'une maladie, d'un handicap ou d'une addiction, est véritablement un traumatisme, un choc totalement inattendu, d'une intensité telle qu'il fait effraction dans le psychisme, au point d'en désorganiser le fonctionnement.

    Cette épreuve anéantit toutes les défenses habituelles.

    Elle en fait carrément apparaître d'autres, parfois beaucoup plus pathologiques.
    Ce qui amène, des réactions anormales, mais en fait, c'est la situation qui, elle, est anormale et les situations extrêmes engendrent des réactions extrêmes. 

    Le premier effet du traumatisme est qu'il provoque un état de sidération, qui met en échec la capacité de penser. 

    On ne parvient pas à assurer sa tâche habituelle, qui consiste à intégrer les éléments du monde extérieur.
    C'est une nouvelle que l'esprit ne peut ni accueillir, ni fuir.

    Ce choc inattendu, non préparé et écrasant, agit pour ainsi dire comme un anesthésique.

    On n’y est jamais préparé.

    On a beau savoir que cela existe, lorsque la catastrophe se produit réellement, elle prend complètement au dépourvu car nous ne somme pas préparé.

    On doit faire face subitement à quelque chose qui dépasse l'entendement, provoquant une destruction d'une partie du psychisme, car il se produit une sorte de fragmentation intérieur, comme une fracture ouverte qui appelle sans cesse, mais toujours en vain, à se refermer.

    C'est comme un interminable processus de cicatrisation.

    Une autre caractéristique du choc, est d'arrêter l'effet du temps.

    Si aucune aide n'est apportée, tout est figé, rien ne bouge et surtout rien n'est plus pareil, ce qui partage définitivement la ligne du temps.

    Aussi est-il trés important que les soignants aient conscience de l'impossibilité pour les parents à appréhender et assimiler en une seule fois un fait aussi catastrophique.

    Car cela permet de reconnaître et d'accepter les attitudes - refus, dénégation, qui en découlent et qui déconcertent tellement.

    Face à ce choc, le psychisme met en place un certain nombre de processus que Ferenczi nomme les " stratégies de survie ".

    Pour sauvegarder et éviter un effondrement psychique, les patients et parents  auront recours à un certain nombre de mécanismes de défense, en particulier le point de rupture et le déni. En effet, il apparaît que dans ces situations extrêmes, un certain recours au déni soit nécessaire.

    Or celui-ci va toujours de pair avec le point de rupture.

    Tout se passe alors comme l'on était partagé en deux : une partie qui sait et une autre qui nie, une qui admet la réalité, mais l'autre qui garde l'espoir. Illusion et désillusion alternent ou coexistent.

    Du coup, le monde extérieur est perçu comme hostile, incapable de comprendre.

    Les soignants qui remettent en cause le déni deviennent des ennemis, des persécuteurs.

    Mais, comme je l'ai dit, le déni va toujours de pair avec le point de rupture, ce qui explique que parallèlement à ces attitudes, le patient et sa famille adhérent quand même aux traitements, car il faut accepter et gérer l'inacceptable.

    Or comment accepter et admettre une réalité aussi violente ? 

     

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