• Article N°72 Nous gardons le contact

     

      

                                                                                          Blog de plumette :De son sang à mon encre, Article N°72 Nous gardons le contact  

     

    05/06/2010 à 14h09

    Docteur Pommereau,
    Un peu comme une habitude, je viens à vous, afin de vous donner des nouvelles d'A.

    C'est un peu aussi en même temps, un compte rendu du résultat de votre professionnalisme, de votre dévouement à cet engagement qui est le votre.

    Tout ces instants de vie, que nous vivons depuis son retour à Metz, nous vous les devons.
     

    J'avais déposé dans votre Navire Abadie, un petit moussaillon bien mal en point et vous en avez fait un petit marin qui tient désormais, dans les bourrasques de la vie.
     

    Chaque jours, depuis notre dernière rencontre, j'apprécie la chance que nous avons eu, de bénéficier de vos compétences, ainsi que de votre disponibilité.
     

    De même, les conditions d'accueil et de soins ont été parfaites à tous égards et pour être passées d'hôpitaux en hôpitaux, je peux vous dire que je sais de quoi je parle ! Vous disposez dans votre centre d'un personnel des plus empathique, disponible et efficace.
     

    La douleur m'avait placée dans des conditions de faiblesse et d'inquiétude telles que j'ai osé faire 1000 Km pour frapper à votre porte !
     

    Mais j'ai eu la chance d'être vite rassurée en voyant et en comprenant, à qui j'avais à faire !
     

    Je suis heureuse d'avoir orientée A vers vous.
     

    On croirait, qu'elle ressuscite et qu'elle m'est revenue, telle que je la connaissais avant tout ce drame qui a mit un trou béant de 6 ans entre nous.
     

    Perdue pendant toutes ces années, dans un monde qui lui semblait menaçant et agressif, où les autres selon elle, ne le voyait pas, ne la comprenait pas et se détournait d'elle.
     

    Nous savons vous et moi et elle aussi maintenant, qu'en réalité, c'était elle qui avait changée lorsqu'elle est tombée dans le vide, laissant à jamais derrière elle, une fillette de 13 ans.
     

    En la récupérant au font du gouffre, je vous ai amené, une jeune fille de 19 ans. 
     

    Ils sont nombreux à se sentir ainsi incompris après avoir vécu un accident, une agression, une catastrophe, un drame.
     

    Je tire dans ma région toutes les sonnettes d'alarme que je peux, mais on ne m'entend pas !
     

    Nous sommes en plein "syndrome de Lazare" dans ce dérèglement relationnel prolongé entre une personne qui a traversé une épreuve traumatique et l'environnement dans lequel on se retrouve ensuite, où personne ne veut entendre ni comprendre, ni voir, ce qui se passe pour les victimes et pourquoi il leur est si difficile de s'en remettre.
     

    Le traumatisme est là, impossible à oublier et tellement déterminant pour la suite de la destinée de tout ces jeunes.
    D'où l'intérêt d'être reconnus comme tels ! 
     

    Bien sur, à la maison, nous mobilisons nos ressources psychiques et affectives, pour parvenir à dépasser et même à transcender tout cela.
     

    Je dois vous avouer, que sursauts, angoisse, souvenirs obsédants, visions hallucinées, cauchemars, repli,  réactions émotionnelles incontrôlées, sont les principaux symptômes dont je souffre après avoir vécu l'enfer que fut notre guerre.
     

    Je continue à me battre, mais, le problème , c'est que la Lorraine, ne dispose pas de structures où les compétences d'un bon personnel pourrait  soigner ces jeunes profondément perturbés.
     

    Aussi, ils ne bénéficient pas d'un traitement adéquat, comme celui que vous exercé avec votre équipe.
     

    A croire qu'il n'y a aucun programme à la santé ou de fonds spécifiques pour les personnes souffrant de traumatismes psychologiques.
     

    Nous nous battons seules, en faisant mieux que de notre mieux, en parvenant aussi à parler authentiquement de cette indicible expérience.
     

    N'Est-ce pas l'unique solution permettant de l'assumer pleinement et de trouver, enfin, l'apaisement ?
     

    J'ai tenté, sinon de rompre un certain silence, du moins de poser quelques questions incontournables sur ce sujet aussi délicat qu'actuel qu'est l'automutilation.
     

    La mémoire d'un tel combat se construit chaque jour, non pas sur des efforts permettant une paix durable, mais sur l’impact que cela a sur la vie de tous.
     

    Ces phrases simples, mais énoncées gravement et dont le sens est fort, n'ont eu aucun écho et il me reste cette sensation, qu'elles ne reflètent qu'un sentiment de temps suspendu et sans réponses.
     

    Je n'en parle pas à A, la déception que j'éprouve, doit rester mienne.
     

    Je la laisse à ces activités qui sont maintenant bien définies.
     

    Elle va à tout ces RDV et surtout, s'est inscrite à un club de gym !
     

    Non seulement pour occuper son esprit et son corps, mais surtout pour ne pas tomber dans l’apathie totale.
     

    Mais l’inactivité professionnelle engendre une absence d’ordre et lui est nécessaire, voire vitale.
     

    Aussi a t-elle vu son directeur de l'IFSI, afin de parler de sa reprise en deuxième année en février.
     

    Cela contribue à ces besoins de réordonner tant sa psyché que son rythme de vie.
     

    C'est un élément structurant, apaisant, et par conséquent une source d’identification dont elle a besoin.
     

    Même si la suite semble compliquée, car les programmes ont changés, mais malgrès tout en rentrant, A était tout autant déterminée !
     

    Et ça, c'est une avancée dans la vie, que nous vous devons !
    Avant elle aurait réfugié et éteint son angoisse, dans quelques coupures.
     

    Elle a tant perdu, mise à mal par des années de blocus et d’enfermement, comme si elle avait été sacrifiée sur un autel dont elle n’étaient pas l'architecte.
     

    Le 16 Mai elle est enfin convoquée à la MDPH, espèrons qu'elle obtiendra d'eux un peu d'aide , afin de diminuer les difficulté sociales et économique qui se sont ajoutées ces derniers mois et qui sont aussi, facteur de détresse psychologique.
     

    Une porte s'ouvrira t-elle à nous un jour en Lorraine?
     

    Seule, une journaliste d'éducation magasine a soutenue mes alertes! 
     

    Reviendrez vous un jour par ici ?
     

    J'aimerai avoir l'honneur d'une belle poignée de mains ! 
     

    Docteur Pommereau, vous êtes de ceux que nous voudrions garder dans nos vies et si le voyage n'était pas aussi couteux ( nous regardons régulièrement les tarifs) A serait déjà revenue vous dire combien elle vous est reconnaissante et combien la vie maintenant lui semble précieuse...
     

    Mes amitiés à votre équipe... 
    Cordialement votre..

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