• Article N° 75 Sereines nous redevenons actrices...

                                                                     Article N° 75 Sereines nous redevenons actrices...

       

       

    19 déc. 2010 15h52

    Pour la première depuis quelques années, je n'ai pas cette peur au ventre, que ma fille ne soit pas avec nous, quand je prépare les fêtes.

    Cette année, comme tout le monde, j'ai acheté les cadeaux de Noël, l'esprit serein.

    Ce bonheur qui s'installe doucement chez nous, depuis février, prend maintenant une place certaine.

    Nous aurons cette année, un vrai souper de Noël, car enfin nous sommes réunies, sans condition de départ pour des séjours à l'hôpital.

    Nous nous sentons complètement dans l'esprit des fêtes et ce n'est pas seulement parce que la neige a recouvert le paysage autour de nous, le rendant magnifique, où carrément, les messins font du ski de fond, dans les rues de Metz, tellement il a neigé. 

    Non, ce n'est pas seulement ça,  à l'heure où tout le monde rêve d'images enneigées, de maisons illuminées, de carrioles dont les grelots résonnent dans la nuit silencieuse, de messe de minuit, de ces chorales aux chanteurs vêtus de longs manteaux, nous, nous avons  le plus beau des Noël, comme ceux que nous avions, avant que notre quotidien disparaisse.

    Et ce n'est pas toutes ces belles choses, qui nous ravissent le cœur cette année, au point de la rendre si différente.

    Ce qui est différent dans ce noël, ce sont ces lames de rasoirs que ma fille avait depuis des années dans son sac et qu'elle a remplacé par du maquillage, un miroir, du parfum, des clés de voiture, un calepin où le présent et l'avenir se mélangent.

    Ce sont aussi, ces rires qui emplissent notre maison, notre voiture, notre quotidien et qui remplacent les silences que le désarroi apporte avec lui.

    C'est l'envie de vivre, mais de vivre sans que les fils des marionnettes guident nos faits et gestes.

    C'est avancer sans barbelés, acceptant chaque jour et chaque instants, que la vie, est ce qu'elle est ! 

    Les décorations, pour que cela ait l'air de Noël, n'ont rien à voir avec cet air magique qui enveloppe notre intérieur, car ce qui est magique, ce sont les yeux pétillant de mes filles, quand elles rentrent chez nous.

    La magie, c'est cette complicité retrouvée, qui les amène à chuchoter leurs secrets, qui eux sont, de moins en moins lourds. 

    C'est aussi, ce respect que nous avons, l'une pour l'autre. Aujourd'hui, nous ne donnons plus de pouvoir, ni d'emphase à ce qui nous détruit.

    Cette année, pas d'achat de pansements de sutures  stéri-strip, ni de compresses, ni de bandages camouflages, mais juste des achats de Noël !

    Je peux inviter et même accepter une invitation, sans la peur d'avoir à planter tout le monde à table, car peut être il faudra foncer aux urgences. 

    Pour le coup, je pourrais faire de ces repas festifs des moments magiques ! 

    C'est ensemble, que nous avons confectionné la décoration de fête, ce qui la rend exceptionnelle !

    Quel bonheur de regarder mes filles au marché de Noël, tourner sur un vieux carrousel, en riant aux éclats, pour ensuite prendre la pose, façon rappeur, en se faisant tirer le portrait en compagnie du père Noël.

    On dit que le bonheur recèle toujours une part d'insouciance. Cette même insouciance qui nous gagne au fil des mois qui passent.

    Cette insouciance que nous ne pouvions pas improviser auparavant, car le malheur nous obligeait à la constance.

    Aujourd'hui elle nous apprend l'art de se balancer dans la vie, sans pour une fois, s'inquiéter du moment où la corde cassera, car je veux croire enfin, que peut être, elle ne se cassera plus.

    Je veux croire, que de ses coupures, ne resteront que toutes ces cicatrices, qui comme un sceau marquent ses bras et nos cœurs, mais qui ne saignent plus.

    La vie est claire, ne pas se plaindre, juste profiter.

    De belle rencontres de vies nous ont donné des élans par bouffées et nous allons les parcourir l’esprit tranquille. 

    Bonheur en tête, nous respirons enfin.

    La route est dégagée,  nous avons évité le pire. Des étincelles viennent à nouveau nous guider.

    Battements du cœur, assassinat des pleurs.

    La vie reprend sa respiration.

    Sereines nous redevenons actrices, dans le seul rôle que nous savons jouer, celui de nos vies.

    Les modifications se muent en bonheur, on est prêtes à le vivre. Vous nous avez mis sur sa trajectoire, nous en faisons notre destination. 

    Il nous aura fallu plusieurs années, pour arriver à écrire et penser cela et c'est à vous tous amis blogueurs que je livre ces mots.

    Vous serez les premiers à  lire ce Noel 2010 ...

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